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Amortissements : linéaire, dégressif et durées d'usage expliqués avec un exemple chiffré

Amortissements : méthode linéaire ou dégressive, durées d'usage, petit matériel de moins de 500 € HT et exemple chiffré pour calculer vos dotations sans erreur.

7 min de lecturePar l'équipe WeeGestion

Mur d'atelier garni d'outils rangés : scies, tournevis et limes
Photo : Barn Images via StockSnap (CC0)

Quand vous achetez un véhicule ou une machine, la dépense ne passe pas entièrement en charge l'année de l'achat. Elle est étalée sur la durée pendant laquelle le bien vous sert : c'est l'amortissement. Bien le calculer influence directement votre résultat et votre impôt. Voici les règles, les deux grandes méthodes et un exemple chiffré complet.

Pourquoi amortir plutôt que passer la dépense en charge ?

Un camion acheté 30 000 € servira cinq, six ou sept ans. Le passer intégralement en charge l'année de l'achat ferait apparaître une perte artificielle cette année-là, puis des bénéfices gonflés les années suivantes. L'amortissement répartit le coût du bien sur sa durée d'utilisation, pour que chaque exercice supporte sa part d'usure.

Concrètement, le bien est inscrit à l'actif du bilan, en classe 2 (immobilisations). Chaque année, une dotation aux amortissements est enregistrée en charge (compte 6811) et vient diminuer la valeur du bien au bilan (comptes 28). La valeur qui reste, coût d'achat moins amortissements cumulés, s'appelle la valeur nette comptable.

Sont concernés les biens durables destinés à rester dans l'entreprise : véhicules, matériel, outillage, mobilier, ordinateurs, logiciels, agencements. Ne s'amortissent pas, en principe, les terrains et le fonds commercial, qui ne s'usent pas avec le temps.

Sur quelle durée amortir un bien ?

La comptabilité retient la durée d'utilisation prévue du bien dans votre entreprise. Sur le plan fiscal, l'administration admet des durées fondées sur les usages de chaque profession. Le BOFiP donne des taux indicatifs couramment admis :

Type de bienTaux annuel indicatifDurée correspondante
Bâtiments commerciaux2 à 5 %20 à 50 ans
Bâtiments industriels5 %20 ans
Matériel10 à 15 %7 à 10 ans
Outillage10 à 20 %5 à 10 ans
Matériel de bureau10 à 20 %5 à 10 ans
Mobilier10 %10 ans
Matériel de transport20 à 25 %4 à 5 ans

Pour le matériel informatique, une durée de trois ans est souvent retenue en pratique, mais elle n'est pas fixée par un texte : elle doit correspondre à l'usage réel. Pour les cas particuliers (bien d'occasion, bien très spécifique à votre métier, agencements d'un local loué), la durée se discute avec votre expert-comptable.

Comment calculer un amortissement linéaire ?

C'est la méthode de base, applicable à tous les biens amortissables. La dotation annuelle est constante :

  • taux = 100 % / durée d'amortissement ;
  • dotation annuelle = valeur d'origine HT × taux.

La valeur d'origine est le coût d'acquisition HT si vous récupérez la TVA, frais accessoires compris (livraison, installation, mise en route). Si vous ne récupérez pas la TVA, parce que vous êtes en franchise en base ou que le bien est exclu du droit à déduction, c'est le montant TTC qui est amorti. Les remises obtenues viennent en diminution du prix. Les frais de formation de vos équipes à l'utilisation d'une machine, en revanche, restent en principe des charges de l'exercice : ils ne font pas partie du coût du bien.

Gardez enfin en tête que l'amortissement ne se confond pas avec le financement. Un utilitaire payé à crédit sur quatre ans peut être amorti sur cinq ans : les mensualités de l'emprunt suivent leur propre calendrier, et seuls les intérêts sont une charge.

L'amortissement linéaire démarre à la date de mise en service du bien. La première année, la dotation est calculée au prorata du temps, en jours ou en mois.

Exemple : le véhicule d'un artisan

Un électricien achète un utilitaire 24 000 € HT, mis en service le 1er avril 2026. Il l'amortit sur cinq ans, soit un taux de 20 %. Son exercice se clôt le 31 décembre.

ExerciceCalculDotationValeur nette en fin d'exercice
202624 000 € × 20 % × 9/123 600 €20 400 €
202724 000 € × 20 %4 800 €15 600 €
202824 000 € × 20 %4 800 €10 800 €
202924 000 € × 20 %4 800 €6 000 €
203024 000 € × 20 %4 800 €1 200 €
203124 000 € × 20 % × 3/121 200 €0 €

Le prorata de la première année se retrouve en fin de plan : l'amortissement s'étend sur six exercices comptables pour cinq années d'utilisation. Pour les voitures particulières, la déduction fiscale des amortissements est en outre plafonnée : renseignez-vous avant d'acheter un véhicule de tourisme au nom de la société.

Quand l'amortissement dégressif est-il possible ?

L'amortissement dégressif permet de déduire davantage les premières années. Il est réservé à certains biens : principalement les biens d'équipement acquis neufs et dont la durée d'utilisation est d'au moins trois ans. Les biens acquis d'occasion en sont exclus. La liste exacte des biens éligibles figure dans le BOFiP : vérifiez-la avec votre expert-comptable avant de choisir cette méthode.

Le taux dégressif est égal au taux linéaire multiplié par un coefficient qui dépend de la durée :

Durée d'utilisationCoefficient
3 ou 4 ans1,25
5 ou 6 ans1,75
Plus de 6 ans2,25

Trois différences avec le linéaire :

  1. Le point de départ est le premier jour du mois d'acquisition, et non la date de mise en service.
  2. Le taux s'applique chaque année à la valeur nette comptable restante, pas à la valeur d'origine.
  3. Quand l'annuité dégressive devient inférieure à la valeur restante divisée par le nombre d'années restantes, on bascule en linéaire pour finir le plan.

Exemple : une machine sur cinq ans

Une menuiserie achète une machine neuve 10 000 € HT le 1er janvier 2026, amortie sur cinq ans. Taux linéaire de 20 %, coefficient de 1,75 : taux dégressif de 35 %.

AnnéeBaseCalculDotationValeur nette
202610 000 €35 %3 500 €6 500 €
20276 500 €35 %2 275 €4 225 €
20284 225 €35 % (linéaire : 4 225 / 3 = 1 408 €)1 479 €2 746 €
20292 746 €Passage en linéaire : 2 746 / 21 373 €1 373 €
2030Linéaire1 373 €0 €

En 2029, l'annuité dégressive (35 % de 2 746 €, soit 961 €) serait inférieure à l'annuité linéaire sur les deux années restantes (1 373 €) : on bascule. Sur les deux premières années, la menuiserie a déduit 5 775 €, contre 4 000 € en linéaire.

Le petit matériel de moins de 500 € HT doit-il être amorti ?

Non, si vous le souhaitez. L'administration admet que le matériel et l'outillage de faible valeur, le mobilier de bureau et les logiciels dont la valeur unitaire ne dépasse pas 500 € HT soient déduits immédiatement en charge, l'année de l'achat, au lieu d'être amortis.

Quelques précisions importantes :

  • le seuil s'apprécie par bien, à l'unité : une chaise de bureau à 350 € HT peut être passée en charge, même si vous en achetez dix ;
  • c'est une faculté, pas une obligation : vous pouvez choisir d'amortir ;
  • la règle ne s'applique pas à l'équipement initial d'une entreprise qui démarre, ni au renouvellement complet du mobilier, qui doivent être immobilisés ;
  • pour le petit matériel, la dépense se comptabilise en général au compte 6063 (fournitures d'entretien et petit équipement).

Exemple : un plombier achète une perceuse à 380 € HT et un poste à souder à 1 450 € HT. La perceuse peut être passée directement en charge. Le poste à souder, au-dessus de 500 € HT, doit être immobilisé et amorti.

Comment suivre ses immobilisations au quotidien ?

La gestion des amortissements devient vite fastidieuse avec un tableur dès qu'on dépasse quelques biens. Les bons réflexes :

  1. Tenez un tableau des immobilisations à jour : désignation, date d'acquisition, date de mise en service, valeur HT, méthode, durée.
  2. Conservez les factures d'achat des biens tant qu'ils figurent au bilan, et au-delà selon les durées légales (voir notre article sur la conservation des documents).
  3. Enregistrez les cessions et mises au rebut : un bien vendu ou jeté doit sortir de l'actif. Depuis 2025, le résultat de cession est classé en exploitation (voir notre article sur le plan comptable général).
  4. Passez les dotations à chaque clôture, au prorata pour les biens entrés ou sortis en cours d'année (voir notre check-list de clôture de l'exercice).

Dans le module Comptabilité de WeeGestion, les immobilisations et leurs amortissements sont gérés dans le logiciel et alimentent directement le bilan et la liasse 2033.

Bilan au 31 décembre : les immobilisations apparaissent à l'actif, nettes des amortissements

Questions fréquentes

Quelle durée d'amortissement pour un ordinateur ?

Aucun texte ne fixe une durée unique. En pratique, le matériel informatique est souvent amorti sur trois ans, ce qui correspond à son usage réel dans beaucoup d'entreprises. Un ordinateur d'une valeur unitaire de 500 € HT ou moins peut aussi être passé directement en charge, sous conditions.

Peut-on changer de méthode d'amortissement en cours de route ?

Le plan d'amortissement est fixé à l'entrée du bien dans l'entreprise. En dégressif, le passage au linéaire en fin de plan est prévu par la règle elle-même. Pour toute autre modification, comme un changement de durée lié à une révision de l'usage, voyez votre expert-comptable.

Que se passe-t-il quand on vend un bien amorti ?

Le bien sort de l'actif. On calcule la différence entre le prix de vente et la valeur nette comptable au jour de la cession : c'est une plus-value ou une moins-value. Depuis les exercices ouverts en 2025, ce résultat est comptabilisé en exploitation, dans les comptes 757 et 657.

Un micro-entrepreneur peut-il amortir ses achats ?

Non. Le micro-entrepreneur est imposé sur son chiffre d'affaires, après un abattement forfaitaire censé couvrir ses charges. Il ne déduit pas ses dépenses réelles, donc pas d'amortissements. Seuls les entrepreneurs au régime réel et les sociétés amortissent leurs biens.

Sources officielles

Article à jour le 23 octobre 2026. Les règles évoluent : vérifiez votre situation sur ces sites ou auprès de votre expert-comptable.